La toux du chien n'est pas à prendre à la légère. Il peut s'agir d'un simple réflexe dû à l'environnement ou d'une intoxication.
Elle peut aussi être d'origine virale ou bactérienne, la toux du chenil peut ainsi engendrer de graves complications. Véritable signal d'alarme, la toux peut se transformer en emphysème et œdème, indications pour éviter l'asphyxie du chien !
La toux revêt chez le chien des formes très variées. Elle traduit toujours une gêne de la fonction respiratoire.
Le rôle premier de l'appareil respiratoire est en effet d'apporter à l'organisme l'oxygène qui lui est nécessaire, via le système sanguin. Pour ce faire, il fonctionne conjointement avec l'appareil cardiovasculaire afin d'assurer un débit variable en sang oxygéné en fonction des besoins du moment.
Si le lien qui unit le poumon au cœur paraît relativement évident, il concerne aussi l'organisme dans sa globalité, les reins mais aussi tout le système digestif.
Voilà qui explique le pourquoi d'une toux résistant à certains traitements. La toux peut être aiguë ou chronique. Il peut s'agir d'une simple toux réflexe : celle du chien qui court dans un champ de blé bien sec et bien poussiéreux.
Parfois,les choses peuvent être plus compliquées:
une toux allergique après l'inhalation de pollens ou une piqûre de guêpe. Les traitements classiques proposent des antihistaminiques ou des anti-inflammatoires, voire une insensibilisation.
La toux peut également être d'origine virale ou bactérienne et plus ou moins favorisée par certaines conditions climatiques (vent, froid, mais aussi grosse chaleur), La toux de chenil est bien connue et mérite d'être surveillée de près. La forme respiratoire de la maladie de Carré peut donner lieu à de graves complications infectieuses.
Les symptômes diffèrent suivant l'étage affecté de l'arbre respiratoire. Une affection profonde ne se traduit parfois que par une petite toux tandis que l'inflammation du carrefour laryngé provoque de violentes envies de recracher quelque chose, comme si un os était fiché en travers de la gorge.
Le pronostic est souvent contraire à ce que laissent croire des quintes de toux spectaculaires, à moins évidemment qu'il ne s'agisse d'un œdème allergique. Parfois la maladie se complique d'une glomérulonéphrite due à une localisation rénale du streptocoque.
D'une façon générale, l'ensemble trachée-bronches-poumons répond à une agression (poussière, corps étrangers, virus, bactéries) par une réaction inflammatoire. La réaction est d'autant plus efficace qu'elle est rapide. Plus le temps passe, plus l'affection se généralise, des grosses bronches aux petites bronches jusqu'aux alvéoles pulmonaires via les parois alvéolaires et plus les réactions de l'organisme s'affaiblissent.
L'inflammation engendre souvent un exsudant qui peut générer un œdème mais aussi s'épaissir sous forme de sécrétions purulentes se transformant en une broncho-pneumonie compliquée de surinfection.
Lorsque la guérison tarde, l'inflammation peut causer des cicatrices fibreuses qui entravent l'élasticité pulmonaire ou des destructions partielles des parois alvéolaires, causant alors des bronchites chroniques et des emphysèmes.
Toutes ces affections méritent donc un suivi vétérinaire minutieux pour éviter des complications.
La toux est aussi un signal d'alarme auquel il faut savoir répondre à temps. Elle peut en effet révéler la présence de sang dans les poumons. Si l'hémorragie est d'origine accidentelle, elle peut être particulièrement grave et ne pas pouvoir être jugulée.
Par contre une petite toux accompagnée de râles humides, qui se déclare en un jour ou deux avec peu d'autres signes si ce n'est une légère fatigue du chien et des muqueuses un peu pâles, doit toujours faire craindre une intoxication par des anticoagulants (raticides, souricides, comprimés de Sintrom de Monsieur ou de Madame).
Elle nécessite alors l'administration d'urgence de vitamine K1.
Parfois des masses anormales compriment les voies respiratoires ou se substituent au tissu pulmonaire : ce sont les tumeurs de ganglions ou tumeurs bien souvent malignes qui envahissent spectaculairement et rapidement la cage thoracique. Il n'est pas rare qu'elles soient consécutives aux tumeurs mammaires de la chienne.
Certains tentent avec plus ou moins de succès une chimiothérapie ou une radiothérapie. A chacun de juger avec sagesse du bien fondé de ces soins thérapeutiques.
Par ailleurs, au fur et à mesure que le chien prend de l'âge, l'ensemble de l'organisme se modifie : les tissus se sclérosent se fibrosent perdent de leur élasticité, de leur souplesse, de leur fraîcheur.
Ceci peut se percevoir de l'extérieur : la démarche du chien est plus raide, sa peau plus sèche et son poil plus terne. Au niveau du poumon, les interstices alvéolaires se fibrosent, les parois des bronches se calcifient, les tissus, moins bien irrigués, ont tendance à se déshydrater; le souffle devient court, le chien tousse à l'effort.
Les muscles perdent parfois de leur tonus, y compris ceux qui sous-tendent les anneaux cartilagineux de la trachée : celle-ci s'affaisse, le chien surtout s'il est sujet à un sur-poids tousse et ventile plus difficilement, et puis le cœur, cet organe si souvent incriminé dans la toux, lui aussi se transforme : ses muscles et les vaisseaux artériels et veineux, s'adaptent.
Le cœur s'hypertrophie, soulève la trachée, comprime la bronche principale gauche.
Malgré tout, le débit sanguin diminue. La circulation pulmonaire est freinée. Le retour du sang du poumon vers le cœur, se fait moins bien.
La pression sanguine intrapulmonaire s'élève. Les vaisseaux laissent sourdre un liquide séreux d'abord, puis plus ou moins teinté de sang : c'est l'œdème du poumon, parfois chronique, souvent aigu. En quelques heures les alvéoles sont envahis par une mousse bulleuse rosée et sans autre soin, le chien s'asphyxie.
À propos de l'auteur :
Sorti de l'école vétérinaire d'Alfort en 1979, le docteur LE BERRE TRANCART s'est consacré aux animaux de compagnie après avoir exercé plusieurs années en clientèle rurale.
A partir de là, il construit sa propre théorie de l'éducation canine en la confrontant à sa pratique quotidienne et à tout ce qui se fait par ailleurs.
Évitant les pièges de prêter au chien des sentiments usités, écartant au fil du temps la relation dualiste dominant-dominé, il essaie sans relâche de comprendre la signification profonde du comportement.
Auteur de deux ouvrages (1996, 2004), il consulte en cabinet pour, entre autres, corriger les comportements indésirables sans médication.
http://www.chien-sympa.com
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire